Le logement à Guyancourt : quel « parcours résidentiel » pour les Guyancourtois ?

Ce que nous appelons «  Parcours Résidentiel » peut être vu sous deux angles :

  • Celui de la disponibilité d’une offre de logements en adéquation avec les besoins locaux qui sont principalement définis par la typologie des emplois de notre ville,
  • La capacité des habitants à louer, dans un premier temps, ce qui peut correspondre à l’arrivée dans la région pour prendre un nouvel emploi et/ou la constitution progressive d’un apport permettant, dans un second temps, d’acheter son logement, ce qui constituera une part importante du patrimoine.

Qu’en est-il des possibilités offertes à Guyancourt de pouvoir assurer ce « Parcours Résidentiel » ? C’est ce que nous allons développer.

Afin de mettre en perspective cette problématique cruciale pour chacun d’entre nous, celle de disposer d’un logement à chaque étape de sa vie (le Parcours Résidentiel), rappelons tout d’abord les particularités de notre ville, Guyancourt.

  • Guyancourt est une ville jeune à plus d’un titre : la moyenne d’âge de ses habitants (environ 30 ans), son urbanisation récente (des quartiers sortent encore de terre, 50% de l’habitat construit après 1990[1])
  • Guyancourt fait partie d’un ensemble : Saint-Quentin en Yvelines qui fut, à sa création, une ville nouvelle, avec un EPA (Etablissement Public d’Aménagement). C’est maintenant une Communauté d’Agglomération, fortement intégrée, exerçant donc de nombreuses compétences.
  • Cette histoire a structuré une urbanisation dont nous pouvons aujourd’hui, avec le recul, voir les défaillances (quartiers isolés, peu de commerces de proximité, manque d’âme et difficulté à n’être autre chose qu’une cité dortoir, …)
  • Guyancourt, ville de presque 30.000 habitants dispose de plus de 40.000 emplois, principalement dans le secteur tertiaire. Les catégories socioprofessionnelles (CSP) représentées sont majoritairement des professions intermédiaires et des cadres moyens à supérieurs[2]. C’est une chance inouïe que bien des villes nous envient.

 

Au regard de ces caractéristiques, quelle est l’offre de logements disponible à Guyancourt?

Un premier élément structurant pour répondre à cette question est le taux de logements sociaux disponibles dans notre ville : 53%[3]. En effet, les différentes équipes municipales de Guyancourt (socialistes depuis 1983, communistes auparavant) ont fait le choix de pérenniser un parc de logements sociaux très important ; pas un programme immobilier qui ne sorte de terre sans appliquer, à la lettre, ce pourcentage.

Le deuxième élément concerne le type de logement. A Guyancourt, le logement collectif est massivement privilégié puisque représentant 72% du total des habitations et 98% des mises en chantier entre 2012 et 2014[4].

A ce stade et afin d’être exhaustif, il convient de rappeler ici les différentes catégories composant ces logements, afin d’étayer le sujet du Parcours Résidentiel.

En effet, il existe 4 filières de financement de logement en fonction des plafonds de ressources des bénéficiaires : PLAI (Prêt Locatif Aidé Intégration) aux loyers les plus bas et destiné aux ménages en difficultés économiques et sociales, PLUS (Prêt Locatif à Usage Social) destiné aux personnes aux conditions de ressources modestes et le PLS (Prêt Locatif Social) pour les logements locatifs dans les zones où le marché immobilier est tendu, et enfin le PLI (Prêt Locatif Intermédiaire).

A titre d’exemple sur Guyancourt, le plafond de ressources annuelles pour un couple avec 1 enfant (3 personnes) est, en 2015, de : PLAI = 25.000€, PLUS = 42.000€, PLS = 54.000€, PLI (& Pinel) = 66.000€.

Pour compléter cette description de l’offre d’habitat Guyancourtois, il est nécessaire de rappeler le cas du quartier du Pont du Routoir. Trois mille habitants (10% de la population) vivent dans des logements qui datent des années 70, dont le bailleur social est Versailles Habitat (VH), un quartier avec peu, voire pas, de mixité sociale.

Est-ce par une impérieuse volonté de solidarité ? Est-ce par une demande de l’aménageur public de l’époque ? Est-ce par choix politique ? Nous aurons l’occasion d’en débattre ici même dans de prochaines tribunes ou articles.

En revanche, il ne fait pas de doute que tous ces choix ont façonné notre ville tant du point de vue de la qualité de l’habitat (vieillissement prématuré des façades et des intérieurs, des caractéristiques d’isolation, ……) que des données sociales de la population. Nous verrons cela plus en détails lorsque nous aborderons les conséquences de ces choix.

 

Intéressons-nous aux conséquences de ces choix sur le Parcours Résidentiel et la qualité de vie des habitants de ces quartiers.

Au niveau du quartier du « Pont du Routoir – VH », comme le précise le Contrat de Ville récemment signé, entre la CASQY et l’état, l’enjeu est plus ici de traiter des problématiques sociales accrues liées à un taux de chômage élevé (2 fois plus élevé que dans le reste de la ville) et à un revenu moyen très faible[5] que de parler de parcours résidentiel.

Aucun partenariat, aucune action en ce sens n’existe entre les parties prenantes (bailleur, mairie). Il existe un projet de refonte de la place du marché. Nous ne disposons pas d’information à ce jour mais nous craignons que ce projet soit très insuffisant pour amorcer une évolution significative de la qualité de vie dans ce quartier.

Concernant d’autres quartiers de Guyancourt, voici, photos à l’appui, la typologie et la qualité de l’habitat disponible en logements sociaux. Même si des programmes de rénovations démarrent ou sont en cours, les plus chanceux des locataires auront dû attendre cette rénovation trop longtemps. Les photos parlent d’elles-mêmes.

 

« Les fêtes de quartier » apportent un autre témoignage sur la vie des quartiers très fortement influencée par cette politique de logement. Au début de l’urbanisation, il y a 20 ou 30 ans (pour les plus vieux quartiers comme les Saules ou les Garennes), lorsque tout était neuf, une vraie vie de quartier existait. Le point culminant, la » fête de quartier », était bien souvent organisée par des habitants bénévoles, sans aucun artifice sécuritaire. Aujourd’hui, certains résidents de longue date témoignent de la difficulté, voire de l’impossibilité de l’organiser. Ni les incivilités, ni l’environnement délabré n’incitent au respect de ces quartiers.

La majorité municipale actuelle justifie ses choix par le souci permanent de solidarité. Cependant, nous pensons que si, à l’évidence, dans un souci de mixité sociale, nous devons pouvoir accueillir toutes les strates de population, il convient d’être extrêmement vigilant sur la conservation d’un équilibre permettant l’épanouissement de chacun dans le respect des autres et de l’environnement, afin que l’ascenseur social puisse fonctionner. Or, certains quartiers de Guyancourt, tout en offrant une bonne qualité de vie, subissent ce que l’on appelle pudiquement des « incivilités », autrement dit, des actes de délinquance dont les habitants sont témoins, s’ils n’en sont pas victimes : trafics de substances illicites, nuisances sonores…

Toutes ces raisons expliquent que notre population ne se stabilise pas. Après un premier séjour lors de leur arrivée dans la région et/ou leur embauche dans les entreprises de la ville, particulièrement les grandes, nombre de nos concitoyens achètent à l’extérieur de Guyancourt. Sur la dernière décennie, environ 10.000 habitants (1/3 de la population) sont ainsi entrés ou sortis de notre commune ne trouvant pas à louer un plus grand appartement, voire une maison ni, évidemment, à acheter.

En résumé, il est à craindre que l’offre de logements majoritairement sociaux soit en décalage avec le tissu social des emplois de la Commune. Les catégories socioprofessionnelles (voir l’introduction), constituant l’essentiel des emplois des grands groupes (Crédit Agricole, Bouygues, Renault, Médéric, pour ne citer que les plus connus) ne sont pas en capacité de trouver un logement à Guyancourt, à louer, dans un premier temps, à acheter, ensuite. Une des conséquences, visible le matin et le soir, est l’amplification de la circulation automobile et ce, au détriment du développement durable.

 

Pourtant des solutions existent pour « fidéliser » nos habitants

La vente de logements fait partie des missions d’un bailleur social[6]. A l’échelle nationale, un dispositif[7] est en place pour favoriser l’accession des locataires à la propriété. Bien sûr, l’initiative appartient aux bailleurs eux-mêmes qui voient, dans ces cessions, un bon outil de gestion de leur patrimoine. Pour autant les collectivités territoriales, municipalité en tête, la préfecture, les Chambres de Commerce et d’Industrie, toutes détentrices de quota réservataires, doivent décider de les réduire et, en conséquence, de proposer des appartements à la vente avec une priorité donnée aux locataires présents qui pourront alors les acquérir à des prix attractifs.

Il convient de rechercher des accords gré à gré avec les entreprises locales, un accord respectant la loi mais permettant de privilégier le logement aux employés travaillant à Guyancourt.

Concernant les quartiers tel que le Pont du Routoir, décrit plus haut, il existe des dispositifs, certes plus complexes, nécessitant une vision et un partenariat de long terme, qui permettraient leur « refonte » afin d’assurer un rééquilibrage. C’est possible quand la volonté des parties prenantes est là. D’autres communes de la Communauté d’Agglomération le font actuellement. Pourquoi pas Guyancourt ?

Tout le monde serait gagnant:

  • les entreprises qui fidéliseraient leurs salariés, dans un environnement évolutif du point de vue immobilier,
  • les salariés qui éviteraient des déplacements et retrouveraient une vie plus équilibrée,
  • les commerces de proximité,

et, au final, tous bénéficieraient d’un territoire encore plus agréable à vivre.

L’équilibre est probablement à rechercher ici …….

Il s’agit sans doute d’une autre vision de la mixité sociale.

L’équipe Unis pour Guyancourt

 

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[1] Source DGI, Filocom 2013

[2] Source INSEE 2012

[3] Source DDT78 SHRU/PTL 2013

[4] Source Observatoire de la ville CASQY 2015

[5] Source Contrat de Ville 2015- 2020

[6] Certains d’entre eux, présents sur Guyancourt en font d’ailleurs la promotion ……. Mais sur d’autres villes

[7] loi ENL, Engagement National pour le Logement (Loi n°2006-872 du 13/07/09)

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