Quartier du Pont du Routoir-Place du Marché

Rien de neuf « Place du Marché »

Certes, décider d’aller au marché ce mercredi 1er juin n’était pas une bonne idée. Les conditions météorologiques de ce début de mois peuvent justifier que les marchands habituels aient renoncé à venir installer leur étal sur la place du marché du Pont du Routoir. « Quand il pleut, ils ne viennent pas. De toute façon, ce n’est plus comme avant, ils ne sont plus motivés ! Les emplacements sont trop chers et les gens préfèrent aller à Saint-Quentin. On regrette, ça mettait un peu de vie dans le quartier ! Enfin, le samedi c’est un peu mieux » se confient des riverains.

Le marché du PdR

Dommage ! Mais, restent les commerces proches dont certains sont encore fermés en ce matin pluvieux. Il s’agit une fois de plus, d’un sujet sur lequel les habitants rencontrés ce mercredi ont des inquiétudes quant à leur pérennité : « Ils vont finir par tous fermer, les loyers sont trop chers, même « le primeur » dit qu’il va partir, alors si lui s’en va … On espère que le pressing va tenir le coup cette fois ! » se lamente un habitué qui, malgré tout,  espère : «  toutes ces nouvelles constructions, ça va peut-être amener du monde…»

C’est vrai, il y a bien quelques nouveautés sur la place du marché et surtout  des commerçants investis que nous espérons voir rester longtemps. Mais à entendre les habitants, on ne peut que songer avant tout à leurs difficultés: celles des commerçants autour de la place, celles des  producteurs, sans qui le marché disparaîtrait, mais c’est aussi nous tous, les clients, qui perdront car la disparition de ces commerces signifie le délitement des liens sociaux.

La situation du Pont du Routoir n’est pas la seule à interpeler les habitants ; le quartier des Garennes et ses petits commerces qui périclitent, le quartier des Saules, dans une situation finalement assez proche, le quartier de l’Europe avec une moyenne surface et depuis l’arrivée de Grand Frais une seconde en bordure de quartier.

Depuis combien d’années dénonce-t-on les grandes surfaces qui vident nos commerces de proximité et nos centres villes ? Nationalement, le parc des surfaces commerciales a doublé depuis 2001alors que dans le même temps, le déclin du commerce de proximité continuait (on enregistre une baisse de 7% dans cette même période).

Il est vrai que, même si nous sommes nombreux à déplorer cet état de fait, les marges de manœuvre sont restreintes. Il est néanmoins tout à fait envisageable de travailler auprès de ces commerces de proximité, de les accompagner afin de leur permettre de mieux répondre aux demandes des consommateurs d’aujourd’hui.

Quelques pistes sur lesquelles la municipalité pourrait travailler :

  • Le e-commerce n’est pas seulement l’apanage des grandes enseignes. Les « petits commerçants » peuvent, eux aussi, proposer à leurs clients de passer commande par internet et d’être livrés rapidement à domicile.
  • Il conviendrait également de réfléchir aux circuits courts qui présentent de réelles opportunités. De nombreuses villes, en France, ont su prendre des initiatives et ont soutenu leurs commerçants ; encore faut-il avoir la volonté de le faire.
  • Dans un souci de redynamiser leur centre-ville, les municipalités peuvent aujourd’hui avoir recours aux services d’une personne dédiée : un nouveau métier est né, c’est dire que le besoin est réel.

A Guyancourt, nous avons délibéré sur un budget de ……. 2000€/an plus 15% des recettes attribuées à la société gestionnaire chargée de dynamiser le marché. Tout est dit dans cette délibération. Dans notre ville, les priorités sont ailleurs que dans le développement des petits commerces.

Ceux-ci ne sont-ils pas des lieux d’échanges, de rencontres par excellence qui permettent de créer du lien, une identité pour un quartier, une ville.

Au Pont du Routoir, nous l’avons vu, les habitants sont inquiets. Si la mairie peut avoir recours à un certain nombre d’outils pour dynamiser les quartiers, les habitants doivent aussi pouvoir s’exprimer sur ce qui contribue à rendre leur quotidien plus confortable et convivial. Là est l’intérêt des Conseils de Quartier. En a-t-il été question au Pont du Routoir ? « Le Conseil de Quartier ? C’est un truc à la mairie, ça ? » demande un habitant.

Décidément, ce mercredi 1er juin n’était pas le bon jour. Nous sommes pourtant convaincus qu’il pourrait y en avoir de meilleurs et que davantage d’animation, de communication, de concertation, de démocratie locale, voire participative contribueraient à une dynamique différente et offriraient des alternatives intéressantes.

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